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awans-memoire-et-vigilance.over-blog.com

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Site relatif au devoir de mémoire. Concerne la FNC, la FNAPG et la CNPPA pour AWANS, BIERSET. Concerne les combattants, les résistants, les prisonniers, la guerre, l'armistice, la libération. Reportages sur les commémorations, les Monuments aux Morts, la Fête Nationale. Discours 11 novembre, 21 juillet et autres.


La Fédération Nationale des Combattants vous invite à faire connaissance avec l'écrivain-combattant Gaston SMEYERS.S

Publié le 11 Août 2026, 16:35pm

Un écrivain-combattant belge francophone méconnu :

Gaston SMEYERS.

 

Gaston SMEYERS, écrivain belge maintenant totalement oublié. Il fut un ancien combattant de la guerre de 14-18. Son frère, sergent, fut mortellement blessé sur le front de l'Yser en octobre 1914.

Les rares documentations à son sujet mentionnent toujours « Combattant de la Grande Guerre ».

A la lecture de son principal roman «  CROIX DE FEU », on comprendra pourquoi il faut cesser d’appeler la guerre de 14-18, la « Grande Guerre ». Rien de ce qui est porteur de haine et de désunion ne peut être grand.

Parlons de son roman « CROIX DE FEU », un roman qui témoigne clairement contre les horreurs de la “Grande guerre”. A l’époque de l’écriture du livre, c’est encore le nom qu’on utilisait dans les discours.

 

Ce roman fut publié en 1933, il est à remarquer sa couverture très symbolique. Il a été republié, en 2014 dans une ouvrage regroupant trois auteurs : Robert VIVIER, Martial LEKEUX et Gaston SMEYERS. Editeur : Weyrich Editions.

  •  

Sur le plan littéraire il est sûrement l’équivalent des plus grands romanciers français de la Première Guerre mondiale : BARBUSSE, CENDRARS, GIONO, GENVOIX...Mais il n’a pas bénéficié du même soutien.

Voici un des textes de présentation trouvé :

 

Gaston Smeyers écrit la guerre. Sur le bruit et la fureur. Sur les éléments, l'air qui colporte les gaz ,sur l'eau qui envahit les tranchées et glace les os, sur la terre qui engloutit lentement les cadavres des camarades, sur le feu surtout, auquel on monte ou qui vient à vous. Écrit, d'un même mouvement, l'honneur et l'ignominie, la trouille et le courage. Écrit la danse macabre et ironique de la mort avec la vie. Son roman est profondément pacifiste. Un roman qui veut clairement témoigner contre les horreurs de la “Grande guerre”.

 

 

Voici un extrait significatif de ce roman.

 

Et nous avançâmes en redoublant de précautions.

 

Des ombres surgirent brusquement à une cinquantaine de mètres à gauche. Elles venaient droit sur nous. Des voix gutturales brisèrent le silence. Comme un seul homme nous nous étions laissé choir. Je me collai étroitement à la terre protectrice, et comme un cadavre se trouvait à ma portée je le tirai doucement au-dessus de moi. Sans doute la blessure de l’autre avait dû se rouvrir. Du sang me coulait sur la tête, du sang humain. Le liquide visqueux englua ma chevelure, descendit par le creux des joues jusqu’à ma bouche, et mes lèvres se serrèrent ne voulant pas de ce crachat de cadavre. La patrouille allemande s’était arrêtée à un pas de moi. Ils devaient être une douzaine de soldats conduits par un feldwebel. Des brancardiers suivaient, cherchant leurs blessés. Les Allemands fouillaient nos morts. Il me sembla même qu l’un d’entre eux, dans un simulacre inutile, enfonçait sa baïonnette de-ci de-là dans de la chair.

 

Je m’étais fait aussi petit que possible. Une terreur, la peur de toutes les fibres de ma vie traquée, m’étreignit. Mes nerfs encore une fois vibrèrent douloureusement, et mon coeur se mit à palpiter comme un pauvre petite chose fragile. Tant de fois, j’avais échappé à la mort...Tant de fois, jusqu’à ce que...J’eus la brusque vision de mes camarades disparus, de mes anciens frères d’armes qui tous, en pleine jeunesse et débordants d’espoir, avaient succombé. Tant de fois jusqu’à ce que...Allais-je mourir ainsi qu’un comme un gibier débusqué et presque comme un lâche ?

L’homme qui me recouvrait fut repoussé, et le Boche qui se penchait, émit brusquement un « Ach ! » retentissant. L’exclamation me pétrifia. Mes sens en tumulte frémirent épouvantablement. L’angoisse me tordit tout entier ; mais je restai immobile dans la suprême attente et presque déjà dans la vraie mort. A l’appel de l’Allemand, un camarade devait être accouru. Ils échangèrent rapidement quelques mots et commencèrent par me dépouiller. Ms jumelles me furent arrachées, l’un d’eux dont mes bottes neuves devaient avoir provoqué la convoitise, - une magnifique paire qu’un officier blessé m’avait léguée- se mit à les délacer. L’homme maniait sans précaution ma jambe que je lui abandonnais comme une loque. Les cordons étaient durs, de la boue y adhérait et, comme ses compagnons déjà s’éloignaient, d’un coup de couteau il en rompit la maille.

Les chaussures tenaient bien, pour me les enlever il tira à deux bras. Enfin elles cédèrent, et, tout à coup, l’homme s’aperçut que mes pieds étaient chauds. Il eut un soubresaut, sa main s’empara du fusil où la baïonnette brillait. Je crus que s’était fini...La minute affreuse s’amplifia démesurément et ne voulant pas mourir ainsi, comme une bête qu’on égorge, mes muscles se contractèrent dans une dernière révolte pour bondir.

 

- Heinrich ! Cria une voix dans le lointain, schnell !

A cet appel, le soldat brusquement, se ravisa, ramassa son butin et je l’entendis s’éloigner dans un cliquetis d’armes.

 

 


 

 

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