Le cas d'Odilon WILKIN
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A l’aide d’un cas particulier, celui d’Odilon WILKIN, nous allons découvrir que les parcours de Résistants furent parfois bien chaotiques, pleins de comportements contradictoires, de mouvements passant du noir au blanc !Mais nous verrons aussi que, après guerre, lorsque le moment d’accorder les récompenses fut venu, les comportements des diverses autorités furent aussi parfois contradictoires.Ou, pour les non avertis, en tout cas parfois difficilement compréhensibles. |
1. Qui était Odilon WILKIN ?
Les gens peuvent avoir des facettes très différentes.
Quelqu’un comme Odilon WILKIN, avec un passé difficile,a pu malgré tout, à un certain moment, se redresser et trouver la force et le courage de se révolter et de résister.
Il est né le 9 mai 1902 à AMBERLOUP.
Il avait quitté les Ardennes pour s’installer à VERVIERS puis DISON. Il s’y était marié. Il eut deux épouses. Les deux mariages n’ont pas donné d’enfants. On ne peut pas dire que ce fut deux mariages heureux. On parle même de violences conjugales.
Odilon WILKIN était enregistré comme « commerçant ». Malgré cela, il ne disposait probablement que de connaissances limitées en lecture et en orthographe.
Son casier judiciaire était bien chargé. Ce n’était pas un ange sans être réellement un véritable malfaiteur. Au total, dix condamnations entre entre 1927 et 1934, condamné à quatre reprises pour vagabondage, puis à plusieurs reprises pour usage de faux et vols, outrages à la police, ivresse publique ainsi que... pour avoir fumé dans le tram.
Une tentative de suicide à l’âge de 18 ans suite à une « déception sentimentale » aurait laissé des séquelles durables chez Odilon WILKIN. Bien qu’il ait survécu à la balle dans la tête, il aurait souvent réagi de manière non réfléchie par la suite.
Cela peut expliquer son casier judiciaire, son comportement parfois agressif au sein de sa famille.
2. Son comportement au début de la guerre.
Odilon WILKIN fut, un moment, au début de l’occupation, adhérent au parti REX.
Les suites de sa tentative de suicide expliqueraient, du point de vue de sa deuxième épouse, son comportement au début de la guerre.
Il est allé travailler volontairement à la mine Ruhrkohlen en janvier 1941, suite à une séparation du couple qui a duré plusieurs mois. Le Reichsarbeitsdienst pour les citoyens belges n’est devenu obligatoire qu’avec le décret du 6 octobre 1942.
3. Son entrée et son action en Résistance..
A partir de 1941 ou 1942, il s’engage dans la Résistance et distribue de manière régulière des journaux clandestins (Aurore, Pourquoi pas nous ?, La Meuse, Le Drapeau Rouge, …).
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À partir du 1er septembre 1943, il devient membre de l’Armée de la Libération et assiste des réfractaires en leur fournissant logement, nourriture et armes.
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Il fut dénoncé par Charles GERARD, un indicateur de la Gestapo de Verviers condamné après la guerre.
4. Son arrestation et son calvaire.
Il fut arrêté par la Feldgendarmerie dans l’après-midi du 4 août 1944.
Outre ses activités politiques, il était poursuivi pour détention illégale d’armes.
Il fut d’abord conduit à VERVIERS, puis à LIEGE, du 05 août au 30 août 1944.
Il fut été emmené à BEVERLOO, puis déporté à NEUENGAMME. Le bourgmestre de LA CALAMINE, Peter KOFFERSCLÄGER s’est souvenu dans une déclaration à la police du 26 novembre 1945 d’avoir emmené Odilon WILKIN à l’infirmerie du camp.
Il était, à ce moment très faible, sans toutefois être danger de mort.
Il est cependant certain qu’il y est décédé le 18 novembre 1944.
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Près de 3 650 prisonniers Belges furent déportés à NEUENGAMME dont environ 150 femmes. La plupart d’entre s’y trouvaient pour raison politique. Une grande partie des 3650 Belges ne revint pas en Belgique. Le registre des décès de NEUENGAMME mentionne 1570 noms, mais il est certain qu’il y eut beaucoup d’autres décès.
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Peter KOFFERSCLÄGER, qui témoigna en faveur de WILKIN, fut bourgmestre de KELMIS de 1938 à 1940, puis de 1945 jusqu'à sa mort. Il fut arrêté par la police allemande pendant la guerre et déporté en camp de concentration.
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5. Le temps de la reconnaissance, contrastée.
Le législateur avait prévu deux types de reconnaissance pour les Prisonniers politiques : ceux qui bénéficiaient du statut et ceux qui bénéficiaient du titre.
Les bénéficiaires du statut bénéficiaient d’un certain nombre d’avantages matériels comme une pension de réparation, une allocation exceptionnelle, une allocation complémentaire, le remboursement des frais d’hospitalisation…
Pour prétendre au statut, il fallait avoir été incarcéré ou interné au moins trente jours consécutifs dans des camps ou prisons du fait de l'ennemi ou de personnes servant sa politique. Trente jours non exigés si la personne avait fait l’objet de sévices graves, était décédée, condamnée à mort ou mise à mort.
Bénéficiaient du titre, seuls les prisonniers dont l’incarcération, l’internement, le décès ou la mise à mort est la conséquence directe d’une activité patriotique et désintéressée ou est due à leurs opinions politiques ou philosophiques et celles qui, en raison de leur attitude patriotique ont été choisies par l’ennemi comme otages par mesure de sécurité ou de représailles, quel que soit le lieu ou le moment où ce choix fut opéré. Le titre est purement honorifique.
Sa veuve introduisit une demande de reconnaissance au statut de Prisonnier politique. Mais en raison de son travail volontaire en Allemagne n 1940 ni le statut ni le titre honorifique ne fut accordé.
Néanmoins, fait curieux, en juin 1948, on lui octroya, à titre posthume, la Croix de Chevalier de l’Ordre de Léopold II avec palmes, la Croix de guerre de 1940 avec palmes et la Médaille de la Résistance. Allez comprendre !
Son nom figure aussi sur le Monument aux Morts de DISON.
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Ordre de Lépold II
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Croix de Guerre
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Médaille de la Résistance.

