Il y a aujourd’hui 109 ans
à Liège,
ATLAS V entrait dans l’histoire.
/image%2F2782635%2F20260103%2Fob_833a73_atlas-v-003.jpg)
L'épopée de l'ATLAS V ( lire « Atlas Cinq » ) s'est déroulée durant la nuit du 3 au 4 janvier 1917. L’ATLAS V, un remorqueur qui transportait une centaine de passagers qui ont héroïquement traversé le barrage établi par l'occupant allemand sur la Meuse. Ce remorqueur fut blindé par des résistants commandés par le capitaine Jules Hentjens.
/image%2F2782635%2F20260103%2Fob_b21d2f_atlas-v-001.gif)
Cet exploit est devenu mythique.
A l’époque, Liège est sous occupation allemande depuis 1914.
A l’automne 1916, les conditions de l’occupation se sont aggravées avec, notamment, des déportations d’ouvriers et de paysans.
L’hiver 1916/1917 reste qualifié par les historiens comme le « terrible hiver ».
Le pillage de la Belgique par l’occupant s’est accéléré. Une crise d’approvisionnement affame la population de Liège et d’ailleurs.
Cela encouragea de nombreux Belges à chercher à rejoindre l’armée belge active derrière l’Yser.
Pour les Liégeois, cette recherche se faisait le plus souvent par Maastricht, les Pays-Bas étant restés neutres.
Maastricht n’était éloignée que de 30 kilomètres, la frontière néerlandaise elle-même de seulement 15 kilomètres.
Malgré cette courte distance Liège semblait à mille lieues de la frontière. Gagner le Limbourg néerlandais semblait mission impossible. Liège était comme prise en tenailles.
La Belgique était séparée des Pays-Bas par un réseau de clôtures électrifiées, surveillées par des patrouilles militaires.
Il s’agissait d’empêcher les Belges de gagner la liberté, et surtout, rejoindre les rangs de l’armée belge, via l’Angleterre.
/image%2F2782635%2F20260103%2Fob_9ee6fc_capture-d-ecran-2026-01-03-091439.png)
L’épopée « ATLAS V » débuta le 3 janvier 1917 à minuit.
Dans la nuit du 3 au 4 janvier 1917, 103 candidats civils au passage vers les Pays-Bas, dont 94 candidats volontaires pour le front, et 4 membres d'équipage s'étaient embarqués à bord du bateau remorqueur. Le trajet ne dura qu'une heure mais marqua les imaginations. Ce fut "l'Odyssée de l'Atlas V", la réussite d'une évasion collective, au nez et à la barbe des Allemands.
Profitant d’une crue des eaux, l’Atlas V appareilla vers minuit au départ de Coronmeuse, sur la rive gauche au nord de la ville. Piloté par Charles BALBOUR, cantonnier aux ponts et chaussées de Dinant, il se laissa porter par le courant, passant sans encombre les localités peuplées de Herstal, sur la rive gauche, et Jupille, sur la rive droite.
C’est seulement à la hauteur d’Argenteau/Hermalle-sous-Argenteau qu’il fut découvert. On se lança à sa poursuite avec un auto-canot qui sombra dans la Meuse.
L’ATLAS V fut alors lancé à 45 km/h. Il essuya un feu nourri tout le long du parcours, éclairé par de puissants projecteurs. Plus loin, le remorqueur éventra le pont-rails de service en aval de Visé, puis arracha la chaîne et les fils électrifiés qui barraient le fleuve. Il coula un ponton armé de mitrailleuses et échappa à une intense fusillade. Il aborda la rive droite de la Meuse à Eisden vers une heure du matin, au son de La Brabançonne et drapeau belge déployé.
Le bateau fut récupéré par son propriétaire les armateurs Gilman Frères et ramené à Liège 4 jours plus tard.
La famille de Jules Hentjens, suspectée de complicité dans l’évasion, fut arrêtée et condamnée à de lourdes peines de prison. L’épouse et la sœur du capitaine Hentjens seront condamnées à 10 et 13 ans de prison. Un des fils du capitaine, Edmond, alors bébé, vécut six mois en détention avec sa maman ».
Jules Hentjens, entré dans la résistance, les retrouvera à la fin de la guerre.
Ce n’était pas le pont actuel. Il s’appelait le « Pont de Coronmeuse ». La quasi-totalité du pont de Coronmeuse, hormis la première arche, fut détruite le 11 mai 1940. Le pont fut reconstruit en 1947 et ainsi renommé « Pont Atlas V ».
/image%2F2782635%2F20260103%2Fob_133bfe_liege-pont-atlas-07.jpg)
Un Mémorial sur le pont rappelle ce fait. Il se trouve À l'entrée du pont Atlas, le long du parapet, côté Quai Saint-Léonard.
On peut y lire :
« DE CETTE RIVE, SOUS L’OCCUPATION ENNEMIE,
LE 3 JANVIER 1917, À MINUIT, PROFITANT D’UNE
CRUE DES EAUX PARTIT
L’ATLAS V,
REMORQUEUR COMMANDÉ PAR SON CAPITAINE
JULES HENTJENS, PROMOTEUR DE CETTE
EXPEDITION QUI EMPORTAIT VERS LA HOLLANDE,
OUTRE SON EQUIPAGE, 103 PASSAGERS DONT
94 RECRUES POUR LE FRONT.
SIGNALÉ À ARGENTEAU, POURSUIVI PAR UN
AUTO-CANOT QUI SOMBRA DANS SON SILLAGE,
L’ATLAS V ÉVENTRA LE PONT-RAILS DE SERVICE
SOUS VISÉ, ARRACHA LA CHAÎNE ET LES FILS
ELECTRISÉS FORMANT BARRIÈRE, COULA UN
PONTON MONTÉ ET ARMÉ DE MITRAILLEUSES,
ÉCHAPPA À UNE INTENSE FUSILLADE ET ABORDA
VICTORIEUSEMENT À EYSEN (HOLLANDE),
À UNE HEURE. »
Une seconde plaque commémorative pour l’ensemble de la famille HENTJENS a été posée le 2 mai 2015.
/image%2F2782635%2F20260103%2Fob_584c0e_plaque-membres-famille-hentjens-2.jpg)
La cloche de l’Atlas V a été déposée au sanctuaire de Banneux.
/image%2F2782635%2F20260103%2Fob_cb8b25_image3.jpg)
En 1914, le pont de Coronmeuse à Liège, un pont métallique provisoire construit après la destruction des ponts principaux lors de l'invasion allemande d'août 1914, servait de passage essentiel mais fut lui-même saboté par les Belges pour ralentir l'ennemi, créant un obstacle vital pour les troupes allemandes.
/image%2F2782635%2F20260103%2Fob_356cc6_draden-des-doods-sfa001009995.jpg)

