Que s'est-il passé le 8 mai 1945 ?
Une capitulation et non un armistice.
Anniversaire sous le signe du confinement !

Nous appelons le nom du jour correspondant au 8 mai : « Jour de la Victoire » ou « Commémoration de la Victoire » ou « x° anniversaire de la Victoire ». Le 8 mai a été adopté comme le jour de commémoration de la capitulation de l’Allemagne lors de la Seconde guerre mondiale. Jour férié en France et non en Belgique, contrairement au 11 novembre.
Parfois, on trouve, dans certains articles, le mot « armistice », ou l'expression « armistice de 1945 ».
Cette expression n'est nullement correcte.
Un armistice est une convention signée par des gouvernements. Elle met fin à un conflit armé en temps de guerre, mais ne met pas fin à l'état de guerre. C'est une sorte de trève.
C'est ce qui a été signé en 1918, le 11 novembre, dans le wagon de Rethondes. L'armistice de 1918 signifiait le démarrage d'un cessez-le-feu et de négociations entre les deux parties. Celles-ci aboutirent au Traité de Versailles en 1919 signé par l'Allemagne et les Alliés. Ce ne furent pas des négociations sur pied d'égalité. En fait, les conclusions du Traité de Versailles furent imposées à l'Allemagne et à ses alliés.
En revanche, le huit mai 1945, il s'agit bel et bien d'une capitulation du Troisième Reich. Une reddition pure et simple de l'Allemagne nazie, la fin des combats et de l'état de guerre. D'où l'appellation "victoire de 1945" et non "armistice de 1945".
Le Huit mai 1945 signifie-t-il la fin de la guerre ? La réalité est beaucoup plus complexe. Le huit mai 1945 ne marque la fin de la Seconde guerre mondiale qu’en Europe, le conflit se poursuivant encore pendant quatre mois dans le Pacifique, entre le Japon et les Etats-Unis.
Dans tous les cas, la période de la fin du mois d'avril au début de mai 1945 marque l’effondrement du Troisième Reich.
Le 30 avril, Adolf Hitler se suicide dans son bunker de la chancellerie. Ce jour, l'armée soviétique arrive dans Berlin.
Le 1° mai, Joseph Goebbels tente de contacter les Alliés pour signer un armistice. Incapable d’établir le lien et refusant une capitulation sans condition, il se donne la mort avec son épouse et ses enfants.
Le 2 mai, la Bataille de Berlin se termine. Le général allemand Helmuth Weidling capitule. C'est la reddition des troupes chargées de la défense de Berlin.
Du 4 au 6 mai, voit la reddition de l’ensemble des forces nazies qui subsistaient (aux Pays-Bas, en Allemagne du Nord, au Danemark, en Bavière, à Breslau ). Herman Göring se livre aux autorités américaines à la frontière germano-autrichienne.
Puis ce fut la signature de la capitulation, une première fois le 7 mai puis, définitivement, le 8 mai.
Jusqu'au 11 mai 1945, subsista un dernier bastion ennemi à rendre les armes face aux alliés : Saint-Nazaire. Les soldats allemands qui s’y étaient confinés et enfermés avec les habitants résistèrent jusqu’au dernier jour et firent de Saint-Nazaire et sa région le dernier territoire libéré en Europe. On l'appelle la « Poche de Saint-Nazaire ».
Depuis 1945, la Libération se fête et se célèbre, le souvenir de la guerre revient à la surface. En mémoire des victimes et dans le but de transmettre.
Le 8 mai 2020, on pensait célébrer avec faste le 75° anniversaire. Ce devait être un moment important pour la mémoire collective et les associations patriotiques. Historiens, communes, associations patriotiques, écoles, nous étions nombreux à nous être impliqués dans la préparation de cette date commémorative. Il a fallu composer autrement. Le coronavirus a eu raison des cérémonies du 8 mai.
Ce sera un 8 mai version confinement. En raison de l'interdiction des rassemblements, les commémorations du 75e anniversaire de la victoire alliée en 1945 se résumeront cette année au strict minimum.

La Fédération Nationale des Combattants de Belgique reçoit, de partout, le grand regret de ne pouvoir commémorer comme il se doit le 75e anniversaire de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie.
Plusieurs sections ont pris l'initiative d'utiliser au mieux les réseaux sociaux. Par exemple AYWAILLE et AWANS-BIERSET. Nous demandons d'arborer les drapeaux.
Des dépôts de fleurs sont prévues dans les communes, mais sans public, ni drapeaux, ni musique, avec une présence limitée à deux ou trois personnes respectant la fameuse distanciation sociale. C'est difficile à accepter mais il vaut mieux éviter de sortir.

