Gabriel CHEVALLIER.
Né à Lyon en mai 1895, mort à Cannes le 4 avril 1969.
Connu du grand public pour un roman au ton sarcastique et truculent “Clochemerle”
d'un public plus restreint pour son témoignage courageux sur la première guerre : “ La Peur”,
des amateurs de littérature intimiste et pour ses récits de souvenirs “ Chemins de Solitude” et “ Carrefour des hasards”.
Il l'est moins comme témoin de la guerre de 14/18:
« Déshonorer la guerre, je m’y employais de tout mon cœur pendant quelques mois, en pensant aux camarades morts sous mes yeux, des garçons de vingt ans qui portaient en eux de grandes espérances, qui avaient représenté pour des mères un long passé de dévouement et d’affection. Je pensais réellement faire œuvre utile. Si l’on était venu me dire que je reverrais une guerre de mon vivant, certainement, je ne l’aurais pas cru. »
On le sait moins aussi, mais il fut aussi un peintre, proche des Ziniars et de Marius Mermillon. Il laisse plusieurs tableaux importants, notamment des paysages et des natures mortes.
1914, il est mobilisé Il est blessé un an plus tard.Criblé de balles, il est envoyéà l'hôpital, un autre lieu d'horreur . Il décrit la souffrance de ses congénaires. Rétabli il repart en première ligne. Il y restera comme simple soldat jusqu’àla fin du conflit. Il ne fut rendu à la vie civile qu'à la fin 1919.
La guerre a définitivement interrompu ses études. Il exerce divers métiers: voyageur de commerce et journaliste; mais aussi, souvenir de ses études aux Beaux-Arts: retoucheur de photographie, dessinateur, affichiste, professeur de dessin…
C'est en 1925 qu'il se lance dans l’écriture romanesque en utilisant ses propres expériences. Avec “ La Peur,” il témoigne de son atroce calvaire de soldat. Il relate la peur, la déchéance, le cafard et l'atroce souffrance de ces hommes terrés parmi les cadavres dans la boue. Il insiste aussi beaucoupsur la stupidité criminelle des stratèges du haut commandement, planqués à l'arrière. Mais aussi sur les maladies digestives qui aggravent davantage le sort des combattants.
La grande nouveauté de ce livre, c'est que l'auteur disait : “ j'ai peur.” Dans les livres de guerre on faisait bien parfois mention de la peur, mais il s'agissait de celle des autres.
Gabriel CHEVALLIER estima que ce serait malhonnête de parler de la peur de ses camarades sans évoquer la sienne. On ne peut pas vivre au front où l'on peut être à tout instant déchiqueté sans connaître une véritable peur. Il raconte son expérience des tranchées lorsqu'il y fait face au premier cadavre, heurté par hasard avec une pioche et qui lui fait prendre conscience de la mort. Il y décrit les nuits d'alertes sous le feu des balles ennemies, les hommes blessés, le bruit des mitrailleuses. Ce récit s'inscrit donc dans la tradition de dénonciation de la guerre.
On peut dès lors bien deviner que ce livre fut accueilli par des mouvements divers. Il fut parfois maltraité voire même injurié. Mais ceux qui l'avaient injurié devaient mal tourner dans la suite. Ils basculèrent dans le mauvais camp en 40/45.
En 1951, à l'occasion d'une réédition, Gabriel Chevallier présente ainsi son ouvrage . Il dit alors: “ Ce livre, tourné contre la guerre et publié pour la première fois en 1930, a connu la malchance de rencontrer une seconde guerre sur son chemin. En 1939, sa vente fut librement suspendue, par accord entre l'auteur et l'éditeur. Quand la guerre est là, ce n'est plus le moment d'avertir les gens qu'il s'agit d'une sinistre aventure aux conséquences imprévisibles. Il fallait le comprendre avant et agir en conséquence.”
C’est encore sa propre vie qu’il exploite pour écrire “ Durand voyageur de commerce “. Ou aussi, en souvenir de sa détestable scolarité “ Sainte-Colline “.
C'est avec “Clochemerle”, chronique villageoise rabelaisienne (1934 ) qu'il connaît le succès. Il fut traduit en vingt-six langues et vendu à des millions d'exemplaires. L'ouvrage lui assure la gloire et la fortune. La saga “Clochermerle” se déroule donc dans cette France où curés et libres penseurs se font face “à la bonne franquette”, c'est à dire au son des cloches et des trinqués de bouteilles.
C'est l'histoire d'un village (Clochemerle) où le maire est de gauche et le médecin de droite. Celui-ci est aussi premier adjoint et se présente contre le maire. Pour être réelu le maire décide de faire installer une vespasienne car tous les hommes du village urinaient contre les murs de l'église après la messe. On installe cette vespasienne contre le mur de l'église. Mais malheureusement toutes les fenêtres donnent sur les murs de l'église, et s'en suit toutes une série de quiproquos, discussions, de médisances, bigoteries etc ....
Lorsqu’il meurt, Gabriel CHEVALLIER laisse une œuvre abondante doninée cependant par ce roman ”Clochemerle” toujours réédité en collection de poche. C'est un peu injuste.


