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awans-memoire-et-vigilance.over-blog.com

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Site relatif au devoir de mémoire. Concerne la FNC, la FNAPG et la CNPPA pour AWANS, BIERSET. Concerne les combattants, les résistants, les prisonniers, la guerre, l'armistice, la libération. Reportages sur les commémorations, les Monuments aux Morts, la Fête Nationale. Discours 11 novembre, 21 juillet et autres.


40-45 La guerre fut aussi une guerre entre belges

Publié le 12 Mai 2018, 17:05pm

 

5: La guerre fut aussi une guerre entre belges.

40-45: La Guerre entre les Belges.

 

1. Introduction.

 

Contrairement à ce qui, en gros, s'était passé durant la guerre de 14-18 ( exception faite de certains mouvements flamands ), la guerre de 40-45 peut aussi être vue comme une guerre ayant opposé des belges contre d'autres belges.  

 

2. La collaboration.

 

La collaboration n'était pas seulement un état de soumission à l'égard de l'occupant mais elle s'est caractérisée par deux choses:

- l'embrigadement de combattants, surtout jeunes, dans des organismes militaires allemands ou ayant combattu avec l'armée allemande ( SS WALLONIE, S.S. Westland Regiment, Vlaamsche Wacht, Légion Wallonie...)

- la mise à disposition de l'occupant de polices supplétives menant la chasse contre les opposants à l'ordre nouveau ( Vlaamsche Wacht, Zwarte Brigade, Département de Sécurité et d'Information-D.S.I...)

 

Dans leur sinistre besogne, ces milices pouvaient hélas compter sur tous les aigris, les jaloux qui dénoncèrent allégrement, souvent faussement, des rivaux ( ou des rivales ). Il suffit de se rendre au Fort de HUY où l'on trouve, exposées, des lettres de dénonciation.

 

La collaboration est un concept juridique qui, en Belgique, est qualifié par le Code pénal. Les articles, 113, 115, 118bis et 121bis abordent respectivement la collaboration militaire, la collaboration économique, la collaboration politique et intellectuelle et les dénonciateurs.

 

3. Petit aperçu des groupements de collaborateurs et leurs mésententes.

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On trouve un nombre important d'organisations militaires ou paramilitaires de collaborateurs. Fort heureusement, une mésentente profonde, voire une lutte féroce, les opposait souvent.

Certains voulaient une Belgique maintenue mais organisée selon les principes de l'ordre nouveau. D'autres voulaient, surtout du côté flamand mais parfois aussi wallon, une intégration pure et simple à l'Allemagne nazie.

C'était vrai aussi du côté flamand: la plupart voulaient profiter de la situation pour créer un état flamand alors que d'autres revendiquaient l'intégration pure et simple à l'Allemagne.

En plus, tout ce petit monde faisait preuve d'un appétit débordant et c'était à qui allait être plus nazi que l'autre.

 

Prenons l'exemple des "Amis du Grand Reich Allemand (AGRA)" qui cherchait surtout à recruter des gens opposés au rexisme. L'AGRA fut fondé en mars 1941, à l'instigation du Sipo-SD de liège. Les membres de ce mouvement reconnaissaient Hitler comme chef unique de l'Europe et adhéraient sans restriction aux doctrines nazies. L'AGRA s'opposait au caractère unitaire de la Belgique et souhaitait son rattachement au Troisième Reich se basant sur un prétendu caractère nordique du wallon.

 

L'AGRA créé sur instigation de l'occupant pour dépasser le rexisme fut victime, plus tard, d'une manoeuvre identique de la part des SS. Apparut ainsi en 1943 la "Deutsch-wallonische Arbeitsgemeinschaft (Dewag)". Il s'agissait de dépasser l'AGRA qui,elle, avait été créée pour dépasser REX.

 

On retrouve là, déjà, un des grands problèmes de l'extrême-droite en Belgique: la division à l'extrême, les luttes intestines, le grenouillement d'organismes, de partis se combattant sans merci. Le seul moment où ils s'unirent, ce fut, en 1936, à l'apogée de REX. C'est aussi un problème plus général de l'extrême-droite: prenons en exemple les luttes intestines du FN et de la famille Le PEN en FRANCE.

 

En Flandre, on trouvait "De Vlag" opposé à la VNV ou encore le "Nationaal-socialistische beweging in Vlaanderen" et le "Volksverweering". En 1942, une réorganisation de l'Algemeene-SS Vlaanderen débouche sur un changement de nom : Germaansche SS in Vlaanderen

 

Et en Wallonie, une multitude de petits partis ou mouvements: la "Communauté Culturelle Wallonne", la "Défense du Peuple", le "Mouvement National Populaire Wallon (MNPW) qui fusionnera avec la "Défense du Peuple", le "Parti national-socialiste Wallon" plus tous les groupements dépendant de REX, ( les Gardes Wallonnes, par exemple ).

 

4. Les différences " NORD-SUD".

 

La collaboration connut aussi une différence "Nord-Sud". Une part considérable de l'élite politique et intellectuelle flamande fut mêlée, d'une façon ou d'une autre, à la collaboration. Le poids du Vlaams Nationaal Verbond (VNV) qui avait absorbé le Verdinaso et le Rex flamand, fut considérable. C'était un parti de masse fort de 50000 membres, enraciné dans la société. Apparurent aussi des milices: la Vlaamsch Legioen, la Vlaamsche Wacht, la Dietsche Militie, la Zwarte Brigade... etc.

 

Du côté francophone, la collaboration intellectuelle resta un phénomène marginal. REX électoralement plus puissant que le VNV en 1936 (21 sièges à la Chambre contre 16), avait perdu, dès 1939, la plupart de ses élus. Il convient de distinguer le Rexisme d'avant-guerre et le Rexisme de guerre. Le Rexisme était réduit à portion congrue à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale. Et lorsqu'il va renaître durant celle-ci, ce ne sera plus avec les mêmes buts ni les mêmes moyens.

L'entrée de REX dans la collaboration avait fait fuir beaucoup de sympathisants mais lui en avait fait recruter d'autres dont l'idéalisme était loin d'être la vertu majeure.

Pendant la guerre, DEGRELLE a recruté beaucoup d’opportunistes prêts à tout. Pendant la guerre, REX, malgré l'appui de ROMSEE, n'est jamais parvenu à contrôler que 13% des communes. Toutefois ces 13% couvraient plus de 60% de la population Wallonne, surtout après la fusion imposée des grandes agglomérations.  Mais jamais le parti rexiste ne put obtenir un contrôle complet sur la vie sociale. REX pendant la guerre ne compta jamais plus de 10000 membres.

 

REX fit usage du clientélisme politique. Ceux qui n’appartenaient pas au clan rexiste étaient mis au ban. Cela signifiait la faim, le manque de chauffage, la déportation ou, en tout cas, de telles menaces. Les membres locaux du parti Rexiste attendaient de leurs bourgmestres collaborateurs qu’ils les protègent et les aident. Le parti voulait que les communes, les provinces et les ministères apportent un soutien à certaines initiatives du parti. Cela se déroulait dans un contexte autoritaire où tout contrôle extérieur (et, cela va sans dire, démocratique) avait disparu.

 

Il faut toutefois écarter le vieux mythe qui opposerait une Flandre collaboratrice à une Wallonie résistante.

Les Flamands ne se sont pas, proportionnellement, plus compromis que les Wallons: environ 13.000 Flamands se sont battus sur le front de l'Est pour le compte des nazis, pour près de 9.000 côté wallon. Quant aux quelque 100000 collabos actifs sur le sol belge pendant l'Occupation, il se répartissent plus ou moins aussi équitablement: une petite majorité au nord, une grosse minorité au sud.

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